EPISCENE – QUATRE QUESTIONS A SOPHIE SCIABICA

Épiscène est le programme d’actions du cluster MA Sphère qui mobilise et accompagne les entreprises culturelles vers plus d’égalité professionnelle. L’ARACT Occitanie et Artémisia accompagnent : le GE OPEP, le Théâtre du Grand Rond, la Compagnie d’Elles, Lo Bolegason, un service de la Ville de Toulouse et ABC Actions Culturelles.

Nous avons posé quelques questions à Sophie Sciabica, chargée de communication du Théâtre du Grand Rond, sur leur participation à ce projet.

 

Qu’est-ce qui a motivé la participation du Théâtre du Grand Rond au programme Episcène ?

 

Les problématiques liées à l’égalité des genres nous traversent depuis plusieurs années déjà. Nous y travaillons notamment dans notre programmation et dans l’accompagnement des compagnies.
L’accompagnement dans le cadre d’Episcène est une opportunité dont toute l’équipe a eu envie de se saisir pour aller plus loin, avoir une vision plus globale des enjeux du secteur et de nos pratiques et mettre en place des outils plus concrets.

 

Concrètement, comment s’est déroulé l’accompagnement ?

 

Nous avons commencé par établir un diagnostic de notre fonctionnement et de notre niveau de conscientisation sur les enjeux de l’égalité des genres. Cette étape a permis de cibler deux axes sur lesquels travailler en profondeur : la parité dans la programmation artistique et la gestion des ressources humaines.
Nous sommes constitué·e·s en société coopérative et tou·te·s les associé·e·s ont bénéficié de l’accompagnement. Le collège des compagnies, le collège des usager·es, le collège des fondateur·ices et le collège des partenaires ont participé à des ateliers de sensibilisation.

Le collège des 9 salarié·es a travaillé sur des outils concrets pour aller plus loin sur la programmation et sur les questions de ressources humaines. Sophie Collard a créé un fichier de comptabilisation exhaustive du nombre d’hommes et de femmes dans les projets accueillis. Il a vocation à être utilisé avec toutes les compagnies qui demandent à être programmées, pour avoir un suivi sur les compagnies qui nous sollicitent et pour atteindre une égalité plus fine dans la programmation.

Nous avons également identifié la circulation des informations comme un levier face aux problématiques d’amplitudes horaires importantes et de surcharge d’activité. La mise en place d’outils de communication internes pour échanger sur la vie courante du théâtre et suivre l’avancement des projets permet notamment de libérer du temps en arrêtant de s’investir dans chaque projet du théâtre (présence au sein d’organes décisionnels d’autres structures ou participation à des projets collectifs inter-organisations) tout en ayant la possibilité de suivre ce qui s’y passe, ainsi que de prendre des pauses ou congés sans passer à côté d’informations essentielles qui seraient partagées de manière informelle.

L’accompagnement touche à sa fin, comment envisagez-vous la suite ?

 

Le cadre méthodologique de cette démarche et l’adaptation à notre organisation a structuré notre réflexion de manière plus transversale, plus aboutie et plus précise.
Nous devons maintenant intégrer l’outil de programmation en amont du processus de sélection, par exemple quand nous assistons à des spectacles avant de les programmer. Nous devons aussi rester attentif·ves à la question de la surcharge de travail qui n’est pas encore résolue. On va essayer !